Dimanche 19 octobre 2008

Cela fait a present plus de 3h que je suis assise dans un internet club pour telecharger, enregistrer, inserer mes photos dans ce putain d article. Et la ca bug!
Mais plus de peur que de mal, l article a ete sauvegarde.
Ainsi pour une lecture plus coherente je vous conseille de commencer pour l article suivant et revenir sur celui-ci en dernier lieu.....bonne lecture!

Cette photo car je la trouve belle magnifique

 



 

Celle-ci de même, qui de plus est en relation avec le sujet abordé, je vous laisse chercher pourquoi.

 


Non, je ne suis pas narcissique, c est de l art, voila tout....Je me la pete, moi artiste, ahahah..

Cette action avait pour objectif de nettoyer le quartier de façon volontaire et de planter ensuite des arbres. Hélas, à l’heure où j’écris, les arbres commandés ne nous ont pas été encore livrés. Inch’allah, avant de partir, il sera possible de mettre l’arbre sur le gâteau.

 Le step suivant et dernier de ce projet, est la réalisation durant un week-end, d’une exposition. Exposition qui a pour but de partager au public le travail mener depuis plus de 5 mois avec et par les enfants.

 

 

 

Voilà mon travail, ma mission, pour lesquels j’étais partie de ma terre française à destination de cette terre azérie, s’achèvent. Avec un pincement au cœur en l’écrivant à présent.

A l’heure actuelle, il y a encore beaucoup de choses que j’ai envie d’écrire, de partager avec vous mais il me semble encore trop tôt de faire une synthèse de ces 10 mois. En effet, j’ai besoin de recul, de distance vis-à-vis de cette société azérie, de moi-même, de mes émotions, mes sentiments, qui m’ont traversé, me traversent et me traverseront, afin de répondre au mieux de ce que cette formidable mais parfois difficile expérience m’a apportée.

C’est pourquoi, cet article n’est pas encore le point final de mon aventure.

De ce fait, je vous dis GORUSHERIK accompagné évidemment du INCH’ALLAH.

 

Par Amazone
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Dimanche 19 octobre 2008

Salam adamlar,

 

A demi allongée, je retrousse mes manches pour pianoter un peu. En effet, cela fait environ deux mois que mes mains n’ont pas dansé sur mon clavier pour vous faire part de l’évolution des choses sur le territoire caucasien. Il est tant car dans une semaine exactement, cette terre qui m’a accueilli pendant 10 mois, va me voir partir. Je la laisse ainsi derrière moi mais présente jusqu’à mon dernier soufle dans un coin de ma tête et de mon cœur (c’est un peu cucu je vous l’accorde mais réaliste !).

La partie supérieure du sablier n’a plus que quelques grains de sable à écouler.

Cependant, ces quelques grains sont précieux puisque demain ils mesureront le temps passé en terre Iranienne jusqu’à mon départ définitif de l’Azerbaijan. Je pars avec un pote Iranien voir sa famille et visiter le plus possible ce territoire qui défraye souvent la chronique dans les pays de l’Occident (et pas qu’à juste titre). Le périple sera court du fait d’une attente longue pour l’obtention de mon visa, mais cela est déjà mieux que rien « l’Iran connaît l’un des plus performant service secret du globe afin notamment de contrôler au mieux sa population et ses actions » dixit my friend). Cela fait plus de 2 ans que mon ami iranien n’a pas posé les pieds sur son sol natal et ça le tracasse de passer la frontière, d’après lui, pour lui (et peut-être pour moi aussi) un petit interrogatoire nous attend.

 

Vous comprendrez donc que je suis en vacances. J’ai fini le week-end dernier tous mes projets en cours (EVS, Move your time and human rights). Je n’ai plus qu’à faire un rapport et le taff ici est terminé. Ca fait bizarre de ne plus être au taquet, à courir un peu dans tous les sens, à entendre les gamins « Mary, Mary !! », à faire les comptes, avoir un week-end. Par exemple, ce week-end est le premier depuis environ deux mois où je ne travaille pas. De ce fait, j’ai perdu un peu mes repères concernant la gestion de mes temps libres, mais je ne vais pas m’en plaindre ! Je commence à préparer mes affaires pour partir…c’est aussi étrange, irréaliste…qu’emporter d’ici pour ne pas oublier ? Simplement ma tête je crois…à moins que le matériel peut la remplacer et là, j’suis mal barrée. Et oui, rappelez-vous dans l’un de mes premiers articles je vous avais expliqué qu’à l’aéroport à Bruxelles lors de ma venue ici, j’ai eu une douloureuse de plus de 300€ pour excès de bagages ! A cause du poids de mes livres, je vois venir les clichés!!!! Garde de robes, cosmétiques…blablabla….à les stigmates concernant la femme, toujours les mêmes !

Le matériel étant trop lourd, mon cerveau - si petit soit-il - sera ma cave à souvenirs, renfermant mes expériences, mes émotions, mes sentiments…azéris.

 

Avant que ce processus ne se mette en marche, il me paraît opportun de vous faire part, par écrit et en image, des périples, des actions qui se sont produits durant ces deux mois, lorsque ma plume n’avait plus d’encre.

 

Alors, hop, c’est parti, on y va, direction Samaxi pour le Summer school !

 

D’abord on se présente à vous, 1, 2, 3……………PENDIR (fromage)

 

 

Petite photo prise, après un périple dans les montagnes (sur la photo on les voit pas car elles se situaient derrière la photographe) et une p’tite promenade autour d’un lac. Lac, où, hélas il était impossible de se baigner pour cause : trop de poubelles et d’animaux morts aux abords !! Dommage, un p’tit bain n’aurait pas été de refus après une bonne transpiration montagnarde !

Au fait, avez-vous remarqué au sein des gamins, le nombre de filles et de garçons présents sur la photo ? No, so come back above. Eh oui, voici une des réalités azéries.

 

P’tite matinée relax avec des activités manuelles notamment à travers l’origami.
 



Qui veut de l’aubergine ? el’bonne, el’bonne, l’aubergine ? Qui veut d’l’aubergine ?

 N’aille pas peur, approchez-vous !


Je me suis retrouvée à donner un coup de main à la cuisine lorsque je n’étais pas occupée avec l’équipe d’animation et les gamins.

Dans l’ensemble, le camp s’est très bien passé. Les gamins très motivés, avec le smile pendant 10 jours, pas chiant, ils se sont accommodés de tout contrairement à certains membres de l’équipe d’animation qui se plaignaient de la bouffe, des conditions de logement…Ok, on n’avait pas l’eau courante (juste un réservoir), quand tu allais aux toilettes tu savais en rentrant ce qu’avait fait le dernier passant, les locaux un peu défoncés…et contrairement à ce qui l’on peut penser c’était pas les européens qui s’en plaignaient! (pour une fois, car certains expat’ ici, bonjour l’adaptation !)

Pour ma part, j’ai passé 10 jours à bosser, à finir un peu sur les rotules à la fin, mais avec plaisir et en partageant des moments de la vie quotidienne avec ces gamins qui n’avaient jamais eu l’occas’ de partir avec les potes « en colo ». De plus, deux jours après la fin du camp, les parents ont téléphoné pour nous remercier et nous dire que pendant plus de 24h leur gamin ne parlait que du camp à Samaxi, que c’était ELA, BOMBA…Aspect positif, car quand on connaît l’engagement habituel des parents, à savoir, nothing, ça fait du bien ces p’tits retours.

 

 

Après ce camp, je me suis pris 3 jours pour aller visiter la région dont est originaire, Ramzia, ma traductrice. De tous les paysages, villages qui j’ai visité en Azerbaijan, c’est cette région, Sheki, la plus magnifique. En effet, les paysages sont si divers que tu passes des montagnes formant un canyon (environnement sec) à des montagnes vertes composées de pin, de sapin…en l’espace de 5 km. De plus, la ville de Sheki est d’une richesse architecturale, historique et culturelle.



Voici Sheki, le Xan Sarayi « le palace du roi ». Cette forteresse, datant du 18ème siècle,a été construite par un rebelle à l’empire perse, XAN HACI CHALABI.


Vitraux (appelé shebeke) sont fabriqués sans un seul clou. Prenez un loupe, parcourez la photo, vous n’en trouverez pas.



Cette pièce était la salle de réception, où le roi accueillait des poètes qui discutaient, inspirait, humait la poésie


 

La visite du Xan Sarayi terminée, direction le musée local de l’histoire. P’tite pose entre les tapis qui ornaient à l’époque et à l’heure actuelle, aussi bien les murs que le sol.






Cetableau est une peinture représentant au centre un écrivain azéri du 20ème siècle Cefer Cabbarli. Il était un fervent anti-communiste et un fier patriote azéri. On peut ainsi distinguer sur le tableau les symboles de l’union soviétique en haut à gauche et sur tout le reste de la toile certains traits de la culture, de l’art, azéris (musique au sein des hommes et des femmes). Ce poète est mort en 1937, en Sibérie, à la période des goulags, lors de l’extermination de l’intelligentsia.




Alasuite de cet enrichissement culturel à Sheki, je suis partie à Mingachevir avec Elena (volunteer) pour fêter l’anniversaire surprise de Benedikt (volunteer). Au programme, fiesta sur le bord d’un lac, avec un vent à décoiffer les chauves, dur, dur pour le barbecue de prévu !!Tant pis on s’est rabattu sur les chips ! Et puis, on avait de quoi se réchauffer !


 


Lebold’oxygène de pris, aller au boulot, c’est reparti ! Vous constatez peut être que le travail qui suis, est assez plaisant et fait de rebondissement. Si, si vous allez voir.

 
Dans le cadre de mon projet financé par TOTAL, je vous rappelle que je mets en place des activités culturelles, sociales et de consommation (eh ouiiii, PIS DIR !!) afin de sortir les gamins de leur quartier et leur donner la possibilité de connaître, découvrir autre chose. Voici les trois dernières sorties marquant ainsi la fin de ce projet :

Première sortie : park Koala avec les plus jeunes de la communauté de réfugiés. Au programme, petit huit, petit train, petits manèges, attachez vos ceintures c’est parti, sensations garanties !

 


Lors de cette journée, il est arrivé un truc incroyable. Non, je vous rassure, un boulon ne s’est pas dévissé provoquant un super tour à sensation de peur.

On arrive tous ensemble (gamins et encadrants) à l’entrée du parc d’attraction, je commence à négocier avec le manager du parc. Et là, un homme, la trentaine avec sa jolie femme et son enfant, commence à me poser des questions sur qui je suis et qui sont ces gamins. Je suis un peu surprise mais je décide de lui répondre. Je lui explique donc que nous sommes des volontaires faisant partis d’une ONG locale et que l’on mène des actions avec des enfants originaires du Nogorno-Karagah. A la suite de ces quelques informations, il me demande, combien je veux pour aider les gamins.

A cet instant, je suis en face de lui avec le boss du parc et je tombe littéralement sur le….cul ! Avec ma réaction étonnée, je lui dis qu’il m’est impossible de recevoir de l’argent de cette manière car c’est un projet avec un budget déterminé, que je dois justifier de toutes les sommes que je dépense…blablabla…bref, j’avais pas envie de prendre la voie azérie !

Du coup, le manager, comprenant pourquoi j’avais refusé, nous trouvent un compromis. A savoir que le bon samaritain peut nous payer un petit truc au resto du parc. Eh, business is business ! Mon donateur hoche de la tête et je l’imite à mon tour, le deal est correct.

Je les laisse en plein biz et je pars avec mes gamins à la quête de sensation. Puis soudain, entre deux palpitations, le bon samaritain s’approche vers moi et me dis dans un anglais très correct avec le p’tit accent azéri : « You can go to the restaurant with children when you want. You have 80 manats on this card. ». Mon visage est figé, mais yeux grand ouvert, dans ma tête ça résonne 80 manats (l’équivalent de 70€), mes fesses sont de nouveau à terre. Je le remercie (quand même) mais en lui expliquant que c’est beaucoup d’argent et il me répond : « No problem, it’s nothing. » ah oui, sûrement que pour toi c’est rien ! Mais pour moi ça représente environ la moitié du salaire que je perçois tous les mois et pour les parents de ces gamins cela équivaut à environ un salaire dans la famille. T I A : This Is Azerbaijan. 1 pays, 2 monde.

Vous avez l’impression que je devrais pas me plaindre mais plutôt être ravie qu’un mec sortit de nulle part donne la possibilité à ces gamins de manger tous ensemble dans un endroit qui leur inaccessible habituellement, et cela, en ne demandant rien en échange. Peut être n’avez-vous pas tord, mais je vais vous expliquer ma position. Quand le mec m’a demandé combien tu veux, je lui ai répondu, c’est pas possible car cela ne rentre pas dans le budget…mais j’ai ajouté : « si vous voulez faire quelque chose, venez là où ils habitent, discutez avec eux de temps en temps et vous verrez ce que vous pouvez faire ». Cette proposition n’a pas fait écho dans sa tête. Normal, puisque ici c’est la charité et la bonne conscience qui dominent et pas forcément la notion développement des conditions. Je donne de l’argent, de la nourriture, des vêtements pour les pauvres ainsi j’ai fait une bonne action. Ok, c’est déjà mieux que rien. Mais, là où ça me chiffonne un peu c’est pour le fait qu’il n’y a pas la notion d’engagement pour transformer, résoudre les problématiques liés aux les conditions de vie de ces enfants de réfugiés en prenant en compte la notion de développement (à savoir qu’est ce qu’on fait ensemble pour changer, transformer une situation).

Si je peux parler de façon macro sociétal, la charité présente ici est pour moi l’une des nombreuses raisons qui fait que ces réfugiés restent toujours au bas de l’échelle économique et donc sociale. La charité entretient alors la pauvreté. Il n’y a pas dans cette notion la volonté de développer, transformer une situation. Par exemple, je pense que ce samaritain aurait eu plus d’impact sur ces enfants en allant les voir, discuter avec eux, construire quelque chose ensemble, utiliser son argent pour acheter de la peinture, des outils par exemple…pour remettre un peu en état ensemble les immeuble où ils habitent…

Cependant, il me paraît correct de nuancer un peu en vous informant que certains acteurs sociaux, économiques et gouvernementaux marchent à petit pas sur cette route du développement des conditions sociales (mais trop peu à mon goût !).

 

Deuxième sortie : Strike, Spare…BOWLING

 

 


 

 

 

P’tite promenade sur le boulevard, comme on dit ici, après avoir visité le musée du tapis. Au niveau international, l’Azerbaijan est réputé d’une part pour son caviar et pour sa fabrication de tapis (hélas c’est deux produits far n’entrent pas dans ma budget souvenirs !)

 

 

 

Ceprojet Move your time is actually over.

 Cependant le travail n’est pas fini. En effet, le projet subventionné par l’Ambassade Royale de Norvège continue, et vous allez voir y a d’l’action !!

Après avoir parler du volontariat, du fait de s’engager dans quelque chose de façon collective pour transformer une situation, rien de mieux que de mettre les discours dans la réalité.
Le step suivant du projet concerne alors l’écologie, l’environnement. Il paraît opportun de rappeler que Baku est considérée comme la ville la plus polluée du monde (cf Courrier International, Février 2008). Il n’est pas rare de voir quotidiennement, les chauffeurs de bus balancer leur bouteille de soda en pleine milieu de la route, les cigarettes et leurs emballages décorés le bitume, les gens étendre dans la rue leur carte de recharge de téléphone, les sacs plastiques volés au souffle du vent, les poubelles pleines à dégueuler et présentes n’importe où, n’importe quand…

Ainsi, mes p’tit loustics sont les premiers à jeter leur papier par terre dans l’espace où ils habitent. En voyant l’état environnemental de leur quartier, on comprend qu’ils ne font que reproduire les comportements, attitudes de leurs parents et de la société. Le papier passant dans la main puis direct sur le sol est un réflexe conditionné d’où la grande difficulté à changer ce processus de direction à savoir, A LA POUBELLE !

 Afin de déconditionner ce conditionnement acquis (merci PAVLOV), première étape, la connaissance. Ainsi rien de mieux que de faire un p’tit cours sur :

                    « Qu’est ce que c’est la pollution ? »
                    « Quelles sont les solutions pour la combattre ? »
                    « Qu’est ce que l’écologie ? »

 

 


 Cedéconditionnement cérébral atteint, étape suivante : conditionnement musculaire au nettoyage. Cette action a pour but, comme il a été dit précédemment, de montrer qu’il est possible de faire quelque chose ensemble, de façon collective, pour transformer, solutionner un problème.

 Création également d’une campagne de sensibilisation à travers des affiches crées par les gamins à destination de leur parent, famille, amis. Petite anecdote, le lendemain du collage des affiches dans les immeubles, le programme était de nettoyer, ramasser les ordures et deviner ce qu’on a trouvé pour terre….aller un petit effort….eh oui, les affiches déchirées !! Au moins la comm’ ici n’envahit pas le cerveau des gens.


 

Tous à vos pelles, à vos râteaux, à vos brouettes, à vos p’tites mains, à vos muscles !

Le nettoyage d’automne vient de sonner !

ON RATISSE

 

ONCHARGE

 


 

ON N’EN A DEJA MARRE, qu’est ce qu’on peut y faire ? La flemme !

TOUT LE MONDE EST DE LA PARTIE, POUR DECONNER ET RATISSER

 



 

 

Direction LA POUBELLE !!!

 LaSuite.........



Par Amazone
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Vendredi 22 août 2008

Ayant eu la possibilité d’accéder hier à mon blog, je me précipite aujourd’hui sur mon ordi pour écrire avant que de nouveau, mon mur virtuel d’expression ne disparaisse sous mes yeux. Ainsi, comme je vous l’ai annoncé auparavant, l’article qui va suivre relatera mon travail en terre azérie. Cependant, je reprends le fil là où je m’étais arrêtée de coudre, à savoir mon retour en Azerbaidjan après avoir passé 2 semaines avec mon homme en Tunisie.

Après 15 jours à roucouler sous les palmiers tunisiens, je redébarque dans ma ville qui m’accueille maintenant depuis plus de 7 mois et continue le travail que j’effectuais avant de partir.

Premièrement je continue mon taff relatif à mon projet initial à savoir donner des cours d’english à des réfugiés mais en ayant apporté des modifications. En effet, au début je donnais des cours d’english (leçons un peu comme à l’école, en un peu plus fun quand même !) mais après constat de certains obstacles et difficultés, j’ai décidé de créer chaque jour ou semaine des activités culturelles, sociales, artistiques en introduisant des notions d’english. Ça marche beaucoup mieux et c’est également pour moi beaucoup plus intéressant. Aller, un petit exemple concret pour illustrer tout cela.

J’ai organisé en mai des activités en relation avec la création d’un théâtre d’ombre de marionnettes.

 

Programme de la semaine :

-Création de dialogue (comique, dramatique…) entre deux personnes sur le thème des cours d’english. Les enfants devaient créer donc un dialogue premièrement en azeri puis le traduire en english avec notre aide.

-Création de marionnettes qui devaient les représenter

-Création du décor et des affiches annonçant la représentation théâtrale le dernier jour de la semaine « de cours ».

-Show

 
 

Petite parenthèse, les enfants ont scotché les affiches le matin un jour avant le show vers 11h dans les lieux stratégiques de leur immeuble. 2h après, toutes les affiches avaient soit été déchirées soit enlevées. J’ai demandé à mes gamins qui avait bien pu faire cela, au départ la réponse était : « c’est les enfants, les jeunes », je leur ai répondu à mon tour qu’ils avaient suffisamment collé les affiches assez haut pour que les enfants et jeunes ne les déchirent pas, comme je leur avais demandé. Donc au final un grand merci aux parents d’encourager leur enfant à être engagé dans une activité et de détruire le travail de leurs propres bambins!!!

 

Parallèlement à cela, en juin, j’ai participé à un projet coordonné par 2 autres volontaires d’une autre ONG, Clara et Nora. Ce projet était la création d’un camp de vacances à Lahij, à la montagne avec pour objectifs principaux suivants:

-découvrir la campagne azérie et les cultures Azerie/Européenne

-mixer des enfants orphelins et en difficultés sociales avec des enfants venant d’un milieu beaucoup plus aisé

-de travailler avec une équipe de coordination et d’animation azérie et européenne

C’est ce dernier objectif qui a été le plus difficile à accomplir dans le sens où construire ensemble un immeuble quand on n’a pas les mêmes plans au départ…pas facile, facile de poser la première brique ! Sachant que c’était nous, européennes,qui étaient à l’initiative de ce projet et qui le chapotaient, organisaient et formaient par ailleurs les azéris (qui pour certains d’entre eux avait la 40taine, talons hauts, peinturlurés sur tout le visage…)

La question était alors, comment travailler ensemble et pas de façon verticale à savoir nous, européennes, avons l’expérience et le savoir, et vous, azéris vous n’avez qu’à écouter et exécuter. Dans le genre discours civilisateur et colonisateur ont fait pas mieux !!! Donc on a essayé du mieux que l’on pouvait de partir de la base, des pratiques sociales et d’encadrement d’ici pour ensuite essayer de créer un camp « européen » avec des methodes, jeux pédagogiques, éducatifs…

Au final, avec Clara, on est venu à la conclusion que le mode et la fonction de travailler ici et en Europe différent mais se complémentent. En effet, ici, c’est plus de l’improvisation. Côté positif, c’est que tout est possible et que si t’as un problème qui te tombe sur le nez, tu as la capacité de rebondir vite et de trouver une solution de rechange. Côté négatif, quand tu prévois quelque chose, pour exemple de partir en rando avec les gamins a 11h et que tu dois attendre plus d’1h30 que les pommes de terres cuises car tu n’as pas anticipé le fait que les pommes de terres sont meilleures cuites que crues, c’est chaud, chaud, chaud (à qui on refile la patate chaude ?!!)!

Concernant le côté européen, côté positif, quand tu planifies quelque chose, tu sais dans quelle direction tu vas, côté négatif, lorsque quelque chose d’anormal se produit ah, qu’est ce qu’on fait !!!

En conclusion, en Azerbaidjan c’est le INCH’ALLAH qui l’emporte et en Europe c’est la PLANIFICATION (le contrôle de tout), avec pour les deux, aussi bien des côtés positifs que négatifs. Au final, la meileure méthode est le mix des deux cultures qui au départ, peuvent donner l’impression qu’elles se confrontent mais au bout du compte à la fin du plan de construction, elles se complètent !

Alors chers ami(e)s lecteurs, lectrices, Mixons nos vies avec tous ce qui nous traversent et l’on en sortirant que plus enrichis !

 

Petite photo de groupe après avoir grimper les montagnes, patauger et glisser sur les cailloux de les rivières, cascades !

 


Voici un p’tit magasin traditionnel du patelin où on était, patelin touristique justement par leur art de travailler le cuivre et l’étain

 

Et
pour finir sur ce camp de vacances, vacances pour les gamins mais pas pour l’équipe féminine que voici n'est ce pas Natiq, c"est bon de faire la sieste et de chasser les mouches! :

 

Nora (Belge), Clara (Frenchy), Jale (Azérie)

 

 

De plus, depuis Avril, j’ai créé en partenariat, deux autres projets sociaux ayant toujours pour cible les réfugiés.Depuis juin, début juillet j’ai eu les financements de ces deux projets, ainsi actuellement je suis dans l’action et c’est trop bon !!....malgré des problèmes existants.

 

Donc 1er projet nommé Bouge ton temps (no comment, suis pas les reines des Slogans !).
Publics: les enfants réfugiés à que j’enseigne,
Finalité: les faire sortir de leur environnement quotidien lors de leurs temps libres, à travers des activités sociales, culturelles, éducatives, pédagogiques (les parents ayant déjà des difficultés financières pour se nourrir, leur priorité n’est donc pas de faire découvrir à leur enfants les espaces culturels, sociaux, artistique présent à Baku)
Programme: 2 samedis par mois: théâtre, musée art, musée d histoire, Zoo, jardin botanique, luna-park, aquapark (même ici des activités de conso!) et un weekend end organisé a la campagne
Budget: 1200 euros
Financeur (accrochez-vous bien!!...) TOTAL OIL COMPANY!!Et oui j ai été quémandé de la tune a nos chers pollueurs frenchies et tueurs d’être humains (j'espere qu ils n ont pas l adresse de mon blog, oups!) Bref passons (on aura le temps de polémiquer à mon retour) au moins, je peux créer des activités avec mes gamins !  
Hélas, j’ai oublié trois fois mon appareil photo lors de sorties, voici malgré tout 2 photos:   Ici, petit promenade au jardin botannique après avoir pic-niquer et fais des petits jeux


Sortie au musée des arts, tout le monde a l’air content ! J’ai été surprise de les voir aussi passionnés durant la visite, ils avaient leur nez coulé aux vitres des étagères exposant des trésors artistiques (enfin, ça dépend des visions et goûts de chacun !). Pour la p’tite infos ce musée d’art a été offert par un français à la ville de Baku, de ce fait, cela a été surprenant pour moi de constater les similitudes de nos musées en France et de celui-ci par l’architecture et par certaines œuvres exposées. Voici la preuve que l’art français s’exportait même jusqu’ici !
 



































2ème projet: Human rights
  
Publics: 80 enfants de 12 à 17 ans issus de 3 centres de refugies
Finalité: sensibilation sur les droits de l’Homme, de l’enfant, de l’égalité homme femme, volontariat…
Programme :       -6 cycles de séminaires de 3 jours sur les droits de l’homme 
     

                                  
                             -


Organisation d’un « art contest and debates of words » à travers des ateliers sur droits de l’homme, gender equality, volontariat, break dance hip hop, peinture sur grandes fresques, le but est de s’exprimer sur les sujets proposés à travers les mots, la dance, l’art…
  
Désolé pas de photo à l’heure actuelle, je dois les récupérer début septembre                                 
                              -Ecole d’été (environ 10j a la campagne à Samaxi), cours informels sur les sujets précédents et jeux pédagogiques, éducatifs…
                                

                              -Exposition et présentation du projet, travail effectué (avec un petit concert, musiciens=frères de certains des enfants que j ai dans la semaine), création d un site internet et de flyers d’information sur les droits de l’homme

Budget : 10 000 $ US
Financeur : Ambassade Norvégienne implantée en Azerbaidjan    

A l’heure où je vous parle j’ai effectué les cours dans les différents centres de réfugiés. Expérience très enrichissante, véritables échanges entre les gamins et nous, formateurs, seul incident à déplorer :pendant 3 semaines on nous a jeté à travers la fenêtre (et tronche parfois, resultante d un bon ou mauvais lancer) de la salle de « séminaire » tous les jours (sans déconner), des bout de pastèques pourris, des yaourts, des tomates,des chaussettes sales…..ah oui même un chat ! Ainsi, parfois on prenait ça à la rigolade et ça nous passait au dessus mais parfois on se demandait si on allait revenir ler lendemain, tellement abattu, et se demandant si cela servait à quelque chose de parler de liberté, d’égalité, de fraternité (tu vois Hortefeux, comment je porte aux dela des frontières mon nationalisme, patriotisme mais c est cette devise nationale que tu es entrain de flinguer !), d’engagement, d’action collective pour changer leur propres conditions de vie…mais on est revenu ! Il me paraît important d’ajouter de nouveau, que nous étions face à la violence physique et verbale tous les jours entre gamins et même entre gamins et leurs parents. Coups de mains, de pieds, les claques, les frappes, les menaces avec un couteau, les bruits de bâtons qui fouettaient notre porte d’entrée de la salle…..et j’en passe et pas les meilleures !

De plus, j’ai organisé le 9 août le second step de mon projet à savoir « Art contest and debates of words », ça s’est bien passé, avec l’équipe d’encadrement ont a constate que les gamins avaient assimilé et étaient capable d’expliquer les sujets vus en séminaires précedents.Le projet au fur et à mesure porte ses fruits, quelque plaisir !
Cette semaine je suis entrain de former ma future équipe d’animation qui encadrera le summer school à partir de lundi prochain jusqu’au 3 septembre. De plus, avec mon boss, on passe dans les différentes communautés d’IDP (Internally Displacing Personn, petite réexplication pour ceux qui ne lisent que certains de mes articles ! J) pour persuader, convaincre, les parents des enfants que j’ai sélecté, a permettre à leur enfant de participer à ce camp. Hier, je suis allée dans la communauté que je connais le plus, là où j’ai le plus de lien avec les enfants et parents car c’est la que je donne mes cours d’anglais depuis février et que les activités de temps libres sponsorisées par Total visent ces gamins. J’ai selecté 10 gamins sur 20 de ce quartier, avec notamment 8 filles. Après discussion, négociation….blablabla…..j’en ai qu’une qui vient !!! Ceci montre bien la difficulté de faire participer les filles à ce genre d’activité, pour les garçons, pas de problème mais pour les nanas, c’est tout autre chose !!Je ne suis pas surprise.
De plus, la seule gamine qui vient, est la gamine qui s’est faite violer par son beau-père, il y a environ un mois de cela. Les parents des autres enfants et les enfants eux-même au lieu de la soutenir, la détruise à petit feu en disant par exemple comme hier : « si cettte fille là, vas au camp, personne n’ira ! » désolé mais j’ai qu’un mot à dire enfin deux : « Bande d’enfoirés ».
Je ne vous cache pas que lorsque j’ai appris la nouvelle, j’ai pris un électrochoc en pleine tronche. En effet, cette gamine et sa famille habite à 50cm (même pas un mètre) de la salle où je donne mes activites depuis que je suis arrivée. Donc la famille, je la vois tous les jours, la gamine, c’est toujours la première à venir me voir quand j’arrive le matin et qui me crie : « Eh, Mary, Mary, Necesen ? » Dur à encaisser et le plus difficile c’est de voir comment les gamins et même les parents la stigmatisent, lui collent une étiquette sur le front qu’elle n’a jamais souhaité et qui lui font rappeler un fait dont elle n’est pas coupable et qui plus est, qu’elle essaie sûrement d’oublier.
Je ferme ce sujet et je reviens au fait que je pars lundi prochain, supposé avec 20 gamins en camp, et que j’ai déjà la moitiè qui répondent abscents ! Du coup, je repars ce soir avec mon boss pour essayer de leur faire changer d’avis ! Ca va ramer, je vous dis !!!    

Voici à présent le dernier projet qui n’a jamais trouvé naissance dans la réalité juste sur le papier :

3ème projet : Education sexuelle  
Publics : étudiants
Finalité : échanger sur « comment on fait les bébés ?? », les organes masculins, féminins, la reproduction, contraception, SIDA, IST, relation homme femme…
Programme : création d’un open space, réalisation de workshop (atelier), conférence
Budget :0
Financeur :0  
Je devais mener ce projet avec une autre volontaire Clara, d’une autre ONG. Je ne vous cache pas, que ce sujet est sensible et qu’on a essayé de nous décourager en nous mettant des bâtons dans les roues. Et oui, quand il s’agit de parler de la femme de ses droits, de ses désirs et de son émancipation, ça coince et on nous renvoie l’idée que nous voulons imposer nos valeurs européennes et que nous respectons en aucun cas la tradition et la culture, blablabla…. Comme on nous a menacé indirectement, qu’on nous a dit que des pères de famille seraient près à nous tuer pour cela (ici, il faut, je pense malgré tout, nuancer entre ce discours et la réalité), du coup, au fur et à mesure, le projet est tombe à l’eau !  

Je pense que dés à présent les mauvaises langues ,qui pensaient que j’étais toujours en vacances, à trotter, à prendre du bon temps, à faire la fête…se diront peut être que parfois lors de mes temps morts je bosse un ch’tit peu !
En tout cas, même si parfois le boulot est difficile, je m’éclate à voir des sourires sur les visages des gamins !
  

Je change de sujet, pour vous montrer une photo d’un camp de réfugiés juste à la frontière du Nogorno Karabagh à AGJABÄDIR (environ 400 km de Baku) et les futures maisons que le gouvernement azéri a construit pour ces refugiés qui habitent dans ces sortes de bidonvilles.


Evidemment, le nombre de famille de réfugiés est plus important que le nombre de maisons construites. Ces petites maisons servent de petitte propagande au gouvernement pour dire qu’il est acteur dans le processus de résolution du problème des conditions de vie de sa propre population IDP. Sachant que d’un autre côté sur le plan international, il utilise l’image des conditions de vie pourries des familles IDP, pour montrer les conséquences du conflit territorial avec les arméniens, sur la société azérie .

Petite photo lorsque je suis partie en formation en GEORGIE fin Juillet, un peu moins d’une semaine avec que ça pète. En effet, en voulant accéder à la plage de nuit, on a eu un petit accident et les 3 roues du camtard étaient en l’air! D’après l’expression de nos visages vous pouvez constater que pas de bobo et que la bonne humeur était toujours de rigueur. D’ailleurs cet évenement nous a montré au combien la solidarité dans le Caucase est une seconde nature. En effet, 1 min après s’être planté environ 15 géorgiens se sont arrêtés, même au milieu de la route, pour remettre sur pied l’automobile !! On n’a même pas eu le temps de filmer que l’incident était règlé et que notre quinzaine de sauveteurs avaient disparu ! Chapeau les gars !

 

Inutile de vous dire qu’en Georgie c’est la mierda en ce moment (comment vous pouvez le lire, le voir dans les médias, mais attention à la propagande !), on en voit les conséquences ici par le fait que la population géorgienne trouve refuge à la frontière azérie et à Baku. D ailleurs Stessie qui est avec moi sur la photo precedente a ete rapatriee d urgence en France. A present elle n attend qu une chose, repartir. Cependant vu la tournure que les evenements prennent, sans mettre en cause la politique russe biensur ( :-) !), je pense qu elle va devoir encore attendre un peu! Satané politique qui fait encore souffrir un peuple qui commencer a respirer de facon autonome apres l effrondrement de l URSS.

P S: parfois il manque des accents, apostrophes...c est tout simplement parce que  j ai apporte des modifications via internet club avec donc un clavier azeri sans accent!
Il faut que j aille prendre mon traitement medial a savoir :aller, hop! au boulot!

Gorusherik,
INCH'ALLAH

Par Amazone
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Dimanche 3 août 2008
 Chers Felin, tu as ecris cela il y a environ plus de 2 mois:

Bonjour

je vois que tu fais plusieurs fois références à l'Algérie dans ton blog, notamment en comparaison avec certails détails de ta vie en Azerbaidjan.
Pourrais-je savoir combien de temps es tu restée en Algérie et à quand remonte ton dernier voyage là bas?
Cordialement

Le félin
.

Pour repondre a ta question, je suis allee 2 fois en Algerie
-1 mois et demi; Aout mi septembre 2007
-1 mois; Decembre 2007
-normalement de nouveau en novembre prochain INCH'ALLAH

Tunisie; 2 semaines juin 2008

Es tu d'accord ou non sur les comparaisons que j ai pu faire entre l Algerie et l Azerbaidjan?
Par Amazone
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Vendredi 1 août 2008

Je suis sur internet entrain d’essayer de rentrer l’adresse de mon blog. Ca marche pas. Ah, en fait je me suis plantée dans l’adresse. En même temps, pas étonnant surtout quand je découvre que mon dernier article remonte à plus de 3 mois et que certaines personnes me demande si je suis toujours en vie !

Eh oui, Marion, il est où le temps où le dimanche soir assise à demi-travers sur ton lit de fortune tu prenais plaisir à tapoter sur ce clavier ?  La demi réponse est dans la phrase à savoir : le temps. A ses deux sens. Je m’explique :

Le premier est que je n’ai pas trouvé le temps (secondes, minutes, heures) pour écrire même si, me direz-vous on trouve toujours le temps quand on le désire. En fait, c’est peut-être ça, le désir. Non, après réflexion puisque j’appécie d’écrire et ça me permet de prendre du recul sur ma vie ici. C’est donc un amalgame de chose et c’est là qu’intervient le deuxième sens du mot temps. Ici, depuis le mois de mai, le soleil est au RDV, les rayons pénètrent sous la peau rendant ma peau blanche comme un cul, couleur un peu marron satiné (satiné je ne sais pas pourquoi mais ça sonne bien,non ?). Il n’est également pas curieux de voir un phénomème physique se produire : la sudation ! Les gouttes qui coulent le long des jambes, entre les seins, le long du front, derrière le dos...à toute heure (même à 23h !) Pour transpirer, ca transpire ! Mais tout le monde est logé à la même enseigne ! Lundi dernier, sans déconner il fesait 48° au soleil, de quoi rester à la maison toute la journée ! (c’était pas mon cas, au lieu de ça j’ai trotté comme d’hab’ car : « le travail c’est la santé » !).

Ainsi, dès que j’ai un jour de libre et en ce moment c’est seulement le dimanche, je pars à la plage avec les potos azéris en majorité, puisque beaucoup des volontaires et expat’ sont partis. Une p’tit photo de dimanche dernier :

José (FINLAND, mec qui bossait avec moi), Farid (AZERB. mon ancien prof de courte durée d’azéri), Marlen, Arif (AZERB, potos de sorties et de boulot pour Arif), Rustam (AZERB. membre de mon ONG), Amin (IRAN, poto de sortie et de discussion), Ali et Nasser (IRAN en visite à Baku), Ravi (PAKISTAN, poto de sortie et de discussion) et le dernier assis Oxan (AZERB, poto de boulot, breaker engagé dans ma prochaine action de l’un de mes projets)

   

 

Le dimanche soir je ne le consacre donc non plus à écrire mais à célébrer nos journées aquatiques et solaires par l’intermédiaire de chachlik (brochettes brillées). De surcroît, en mai, j’avais commencer à écrire un article que j’avais fini en juin. Seulement voilà, je me suis chopée un virus sur mon ordi m’incitant donc à le formater mais souci j’ai oublié (tête de linotte) de sauvegarder mes quelques pages d’écriture. Je ne vous cache pas qu’après cela, il est difficile de reprendre la plume, de faire un copier coller mental sur l’ordi sans avoir un sentiment de frustration.

Avant de vous faire comprendre par l’explication de mon travail actuel, pourquoi mon travail a été un facteur de ma difficulté à trouver du temps, je reviens en arrière. En effet, grâce de nouveau aux photos je vais vous exposer aussi bien que je le peux qu’est ce qui s’est passé dans ma p’tite vie depuis 3 mois.
Premièrement en Avril, je suis allée à Ganja pendant une semaine (2ème ville azérie mais hélas, pas la première ville de la fumette comme on pourrait le croire !). J’étais accompagnée d’un autre volontaire José, notre venue avait pour objectif de rencontrer des jeunes étudiants qui prenaient des cours d’english, discuter, échanger avec eux autour de l’Europe et de l’Azerbaidjan (culture, tradition, économie, social...)


Au final après avoir cassé quelques clichés et stéréotypes chers au pays considérés comme développés, j’ai animé un workshop (atelier), autour de l’égalité homme femme. Après-midi super intéressante riche en débat car certains hommes présents étaient très conservatifs poussant ainsi les femmes à ne pas répondre. Mais petit à petit elles ont pris la parole...quelques mots mais c’était déja ça.


 



N’oublions que même si Ganja est la 2ème ville d’Azerbaidjan, il ne reste pas moins que nous nous trouvions en région, à la campagne quoi !

 

 

Je vais vous faire part de la première situation à laquelle j’ai été témoin, et qui me montre que par certains aspects la société azérie ne laisse pas le choix aux femmes, et qui dans ces cas ne font que subir Je vais vous raconter cette « anectdote » au présent tant cette situation m’a marquée et j’arrive à ressentir encore les sentiments qui m’ont traversés à ces instants.

Je me trouve à Ganja logée chez trois étudiantes, la journée de « travail » vient de finir je rentre à l’appartement, il est environ 21h.

Je passe la porte, dis salam aux deux filles présentes dans la pièce. Je m’installe et prends le thé (coutume habituelle traditionnelle). Lamia, que je n’ai pas vu encore, sort de la chambre (nous avons une p’tite chambre pour 4), elle s’approche du miroir et je la vois tamponner avec un mouchoir son visage. Ses yeux sont rouges, elle essuie ses larmes. Mais des larmes qui sont la conséquences de quoi ? me pose la question intérieurement. Ne comprenant rien, je décide cependant de me lever de la chaise sous prétexte d’aller au toilettes. Mais en fait, je trouve cette stratégie juste pour lui poser ma main sur son épaule, en signe d’affection. Je me questionne pourquoi de nouveau. Ca me turlipine ces larmes ! Pas de réponse, je n’attends pas qu’on me répond, je ne veux pas mimisser dans son histoire si elle ne veut pas la partager, donc silence. Le dîner est prêt tout le monde est autour de la table, les visages dans les assiettes, une atmosphère lourde, mais qu’est ce qui se passe ?! Où sont les trois jeunes filles qui hier, éclataient de rire, qui dansaient à en perdre raison au rythme de la musique azérie ? Personne ne parle. Le repas se finit à vitesse grand V. Les deux filles débarassent la table et moi je reste assise devant Lamia. Les larmes coulent de nouveau, elle essaye de me parler, dans son peu d’anglais qu’elle maîtrise, entre deux sanglots. Elle me dit que ses parents l’ont appelé ce soir pour lui annoncer qu’ils lui avaient trouvé un mari, un voisin. Elle ne l’aime pas, il est gentil mais elle n’est pas amoureuse de lui. Je lui demande en sachant pertinemment la réponse, que si elle refusait quel serait le comportement de ses parents ? Elle me répond que si elle refuse, ils la rejètent, elle n’a pas le choix, et que c’est impossible de les convaincre de faire marche arrière. Je suis en face d’elle, démunie de par ce qu elle vient de me faire partager, en vide en moi se crée, je me questionne et je ne sais que dire, elle a mon âge...

A travers ce témoignage et celui qui va suivre, je ne cherche pas à rentrer dans des récit mélodramatique si cher à notre actuelle télévision et qui trouve hélas de nombreux adeptes, je vous relate simplement des faits auxquels j’ai été confrontés.

 Le périple de Ganja se termine. Après quelques semaines passées à Baku, je décide de profiter d’un week-end pour aller voir Benedikt (Iceland) et Elena (Spain) en région à Mingachevir. Nous sommes allés une après-midi au lac. En voici des photos, paysages magnifiques.

 

Elle est pas belle la vie pour ces petites vaches. P’tite trampette dans l’eau après avoir ruminer. Ceratines bretonnes seraient jalouses !

 

J’arrive à présent à vous conter la deuxième situation mais cette fois-ci ça se déroule dans l’appart’ de Benedikt et Elena.

On est samedi, 6h du mat’,je suis dans le salon allongée sur le sofa. Des bruits bizarres me réveillent. Qu’est ce qui se passe ? J’entends une voix grave masculine criée, vociférée. Des bruits de mains qui frappent quelque chose vient à mes oreilles. Où serait-ce quelqu’un ? Mes yeux fixant le plafond ne bougent plus, mon corps est immobile. Qu’est ce que fait ce voisin au dessus de ma tête ? Après environ 15 min une voix féminine s’élève. La voix est melée de sanglots et de cris. Même si je ne comprends ce qu’elle dit, il ne faut être pas être divin pour comprendre qu’elle demande à son mari (je suppose) d’arrêter de la tabasser. Mais ces bruits de coups et cette voix vociférante ne cesse. Que faire, je suis là témoin d’une violence qu’on afflige à un être humain, moi, qui est en train de mettre en place ( à cette époque) un projet sur les droits de l’homme et l’égalité homme femme ! Je me sens pas bien, coupable d’être témoin et de ne rien faire. Le silence revient. Puis de nouveau, ça recommence. Je me dit que si dans un quart d’heure ça continue, je monte. (un quart d’heure, stupide réaction pour se défiler). 20 min s’écoule, je me lève et vais réveiller Elena et Benedikt pour qu’il m’accompagnent là-haut, voir ce connard qui abuse de sa force physique et morale sur sa femme. Je les réveille et leur explique mon plan. « Marion », me disent-ils, « c’est pas la première fois c’est presque tous les jours comme ça, on peut rien faire. On parle pas la langue et notre intervention peut entraîner des conséquences plus graves qui nous ne pouvons maîtriser». Des conséquences plus graves que ça ? C’est des choses qui sont pas loin de la mort, non! Je me résigne et retourne sur mon sofa les yeux grands ouverts en attendant que les cris s’arrêtent et que le sommeil revienne. Evidemment, il n’est pas revenu et dans ma tête ça cogite.

Hélas cette situation n’est pas atypique en l’Azerbaidjan ni dans tous les pays qui composent notre globe terrestre.

Cependant, ce périple m’a permis de découvrir la région de Mingachevir au début du mois de mai, très peu de pollution, très calme, un lac magnifique où il est possible de se baigner.

 De nouveau, je suis rentrée à Baku, boulot et après quelques semaines, on a décidé avec Sergio (Spain) d’aller à LANKARAN situé au sud du territoire azéri et à quelques dizaines de kilomètres de la frontière iranienne, pendant 3 jours. En effet, j’avais un pote qui était chez sa famille durant ce week-end là. Le temps était pas terrible quand on est arrivé puis ça s’est amélioré les deux jours suivants. Cela nous a permis d’aller un matin très tôt de bonne heure à la pêche. Lankaran est réputé pour être un village de pêcheurs.

 

Regardez les, il y a pas un petit air de ressemblance avec nos p’tits marins bretons !

« Aller les gars réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup,
Aller les gars réveillez-vous, on va au bout du monde..de... »

 

























Je ne vous cache pas que de revoir des filets, des casiers, du goémon semblables à ceux qu’on trouve sur les plages bretonnes, de voir des marins partant à la mer, de sentir cette odeur d’iode et ce vent qui fouette vos joues, laisse entrevoir une pointe de nostalgie mais ...hum... que de souvenirs agréables par ses sensations !

 

 

C’est réellement quant on quitte un endroit, une personne, que l’on se rend compte de ce que l’on perd, laisse derrière soi...cependant aller vers de nouveaux horizons permet de s’enrichir et de combler les choses que l’on a perdu (même temporairement).

Ainsi, Lankaran a été pour moi un week-end qui m’a transporté dans mes souvenirs agréables de mon passé. De plus, Sergio et moi, avons été super bien accueilli par la famille d’Akbar, mon poto azéri. On n’a fait d’ailleurs la connaissance d’un volontaire américain (programme Peace & corps) qui vit avec la famille depuis plus d’un an et demi.

Petit excursion en ville avec Sergio, rencontre très sympathique avec deux loups blancs (plutôt noirs, ici) du village.

 

Retour à Baku quelques temps pour repartir cette fois-ci à l’extérieur du pays, retrouver pour 3 jours mon pays natal et retrouver pour deux semaines mon homme, en Tunisie.

Je n’ai rien dit sur ma venue en Bretagne à personne (même pas à ma famille, surprise ! Par cette situation j’ai mis mes grand-parents au bord de la crise cardiaque ! oups... !).En effet, je ne voulais pas courir pendant 3 jours derrière les amis bretons mais j’ai privilégié ce temps pour ma famille.

A la suite de cela, direction Tunis pour retrouver mon homme que je n’avais pas vu depuis plus de 5 mois, beaucoup de chose à rattraper ! Je vais m’arrêter là (défois il faut savoir s’arrêter d’écrire ! J) je vous balance quand même quelques photos :

 

Petite visite d’un vestige romain à EL JEM
 

Tisseur de tapis toujours à EL JEM
 

Petite journée à Monastir

Deux tourististes égarés aux portes du désert Saharien tunisien sur la route de Tataouine (là où Georges Lucas a utilisé des vestiges du village pour son film la Menace Fantôme)

 


































Après cette bouffée de bien-être retour sur le terrain pour affronter les derniers 5 mois.

 

 

 

Je m’arrête ici pour aujourd’hui car je pars ce soir en Géorgie à Tbilissi pour mon évalution de milieu de parcours de mon projet initial.

J’espère mettre en ligne la semaine prochaine la suite de cet article, car je pense que vous avez l’impression que je fais que vadrouiller or je travaille aussi, si si, ne vous inquiétez pas ! Car n’oublie pas que si je n’ai pas eu le temps de donner de nouvelles depuis plus de 3 mois c’est parce que je n’avais pas le temps !

Alors donnons le temps au temps de vous conter la suite des choses plus tard !

Par Amazone
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Dimanche 27 avril 2008

Me voici de retour dans ce bouillon de bruit et de fumée après avoir passé environ une semaine en GEORGIE (SARKATVELO) avec les montagnes, le silence, les poules, les vaches, le fromage naturel, le vin, le labourage de terre, les tracteurs.

Eh oui aussitôt sortie du train à Tbilisi (capitale) après environ 14h de voyage (dont 1h d’attente à la frontière azérie et 2h à celle de Géorgie pour vérification des passeports et altercation avec les gardiens des toilettes(même événement au retour)), Stessie m’amène rejoindre les Bakusiens partis également en exil et les franco-géorgiens. On loue une Marchoutka (espèce de mini-bus sans amortisseurs) pour 12 personnes, direction David Gareja avec provisions en cas de panne (bouffe, picole, guitare, chants géorgiens…).





Arrivée à destination on aperçoit un monastère perché dans les troglodytes. En Géorgie, il y a des monastères, églises tout les mètres(j’exagère un peu mais c’est presque vrai), des crucifix, bougies à vendre à chaque coin de rue, la religion chrétienne orthodoxe prend une place important dans la vie sociale de la population. Les gens sont très croyants, pratiquants, les jeunes vont également très souvent à la messe.

 


Les montagnes, plaines nous encerclent, pas un bruit que le silence des zoisiaux qui chantonnent, j’avais oublié ces sensations calmes et reposantes. On décide d’arpenter bon gré et malgré un flan de la montagne pour arriver au sommet et voir les plaines de …….l’Azerbaïdjan ! Ce pays me hante c’est pas possible !

 

 

L’horizon à perte de vue accompagné de chants géorgiens –les chants géorgiens ressemblent étroitement aux polyphonies corses et basques– une sensation d’apaisement m’envahit, quel bien être…


Après s’être ressourcé par la nature et la bouffe, on repart pour prendre la marchoutka et rentrer à Tbilisi.

Il est environ 21h, on décide tous d’aller couronner cette belle journée au resto.
Au menu, spécialité géorgienne Khajapoulis, vin à flot, musiciens……
Clara, Sergio et moi finissons la soirée chez Stessie…..

J 2, qu’est ce qu’on fait ? Où on va ?
Aurélie et Malika sont reparties à Baku, il ne reste plus que Clara, Sergio, Stessie et moi. On décide d’aller à la montagne. Stessie à un contact, Gouram, à Sighnaghi.
Avant de prendre la marchoutka, on passe devant le Parlement géorgien où certaines personnes du peuple ont décidé de faire la grève de la faim pour dénoncer les élections présidentielles qui ont été fraduleuses. Truquées comme en Arménie en mars dernier et truquées fort probablement en Azerbaidjan en octobre prochain ! Vive les élections dans le Caucase !


Après environ 2h de voyage en marchoutka, on atterrit dans un village étrangement ressemblant à l’architecture que l’on peut voir dans les Western américains. En fait, beaucoup d’américain ont investi ici c’est pourquoi par exemple les panneaux de signalisation sont écrit en géorgien et anglais avec l’écriture western !

C’est tout clean, nickel bref du superficiel.




























On peut percevoir entre les jets de la fontaine une des voitures de la POLIS qui fait sa ronde pour maintenir la sécurité dans le village et protéger cet espace reconstitué et privilègié.
Cependant le contact de Stessie habite l’autre flan de la montagne, et là, à juste quelques minutes, le décor change. Routes défoncées, tuyaux qui sortent des maisons, des grabats et tas de briques et de brocs sur les côtés de la route, bref, la vrai Géorgie quoi !

 


Après un quiproquo et avoir sonné à la portes des habitants pour trouver refuge, on tombe chez la famille de David, qui parle anglais. Coup de bol. En contre partie de quelques larys (monnaie géorgienne), le repas, le lit, le p’tit dej nous sont offerts.
Voila le portrait de toute la p'tite famille

 



Accueil chaleureux, convivial, le vin à flot. Il est nécessaire de préciser que la Géorgie est connue au niveau local, régional et je pense mondiale pour la qualité de son vin. Le vin et la bouffe sont indissociables et ont une importance énorme dans la société géorgienne.


Beaucoup produisent leur vin eux-mêmes et en boivent très souvent pour ne pas dire tous les jours. Lorsqu’il y a des invités ou lors de réunions entre amis le vin entraîne des rituels entre les hommes. Par exemple, aux prémisses du repas le verre de vin plein le « chef de table » (l’homme évidemment), se nommant le Tamada porte un toast, à dieu d’abord puis à la famille, au travail, à l’amour, aux femmes…Ensuite, celui qui veut porter un toast prend le rôle du tamada et palabre sur les grandes choses de la vie. Suivant avec qui on est et dans quel milieu on se trouve ce rituel est fort intéressant car on peut voir les idées des personnes et les schémas de pensées qui les structurent.

 


Après le solo de David à la guitare typiquement géorgienne et plusieurs carafes vidées, il est temps d’aller au lit.

 J 3, on se lève tous pour le p’tit dèj pour 12h, no comment we are in vacations, on projète Clara, Stessie, Sergio et moi d’aller visiter les alentours à travers une petite randonnée dans les montagnes. On décide cependant de rester une nuit de plus chez la famille de David, cette fois sans le repas.





Peu de sentiers tracés, pas de carte de l’IGN, on descend la montagne au feeling. Sur le parcours petits arrêts détente et évasion devant ce superbe paysage après s’être battu contre les ronces, arbres. La nature reprend parfois le pas sur l’homme et ce n’est que temps mieux (même si sur le moment on n’est pas fier d’être coincé, que Clara s’étale de tout son long dans les ronces et pisse le sang de l’oreille), on joue les aventuriers on accepte le deal implicite avec cette force qu’est la nature. Sur le chemin, Stessie nous propose de trouver un endroit ce soir pour faire un feu. La populas est motivée donc on descend le reste de notre montagne et on arrive dans un petit village, on achète des patates, des oignons, du sauciflard pour notre futur dîner au goût de bois fumé. On attend devant ce petit magasin de village une marchoutka pour rentrer sur Sighnaghy.

 

 

« Plus de marchoutka » nous dit-on (en géorgien bien entendu). La vendeuse de patate prend les choses en main et essaye de nous trouver un moyen de locomotion pour rentrer, elle chope un taxi de fortune. On négocie et on repart. On arrive à Sighnaghi là où on avait dormi la nuit dernière. Dan, un Belge en vacances, le sac sur le dos, vient à notre rencontre. Il cherche un endroit pour dormir. Stessie l’amène chez David, pendant que Sergio, Clara et moi, faisons les courses d’appoint pour notre repas au feu de bois. Il est environ 18h, la nuit commence à tomber, Stessie et Dan nous rejoignent, il est tant de trouver un endroit pour allumer ce feu de joie. Stessie a le feeling et nous débotte un endroit avec pas trop d’arbre aux alentours. Tout le monde est au toquet, chercheur(se)s de bois, bucheron(ne)s, logisticien(ne)s, car ce soir on vous met le feu !

Les braises commencent à se créer, les patates (sans alu), la converse de lentille et d’oignon cuisent à petit feu, l’air est encore tiède. Un verre de bière à la main, le silence des braises qui crépitent et le son de CHARLIE PARKER, nous rend muets et en même temps satisfaits de notre journée passée. Que c’est bon de retrouver la nature à l’état pur !


J 4 Après ce feu de joie, cette nuit passée, et les remerciements à la famille ZANDERSHVILI, on reprend la route avec la marchoutka. Direction MAROLO. Stessie a contacté un français Jean-Jacques, qui bosse dans une ferme. Il est prêt à nous accueillir, nous offrir la bouffe et le dortoir en contre partie d’un coup de main dans les champs, à planter les carottes et les betteraves. Ah, ca me rappelle une certaine époque sauf que c’était les échalotes et patates qui étaient  à l’honneur !
Tout le monde est OK pour le deal établi, donc on trace Dan nous suit dans ce nouveau périple et on arrive après environ une demi heure de route à la ferme. Deux femmes géorgiennes nous accueillent, la maîtresse de maisons et Mery puis arrive Nonar le chef de la famille. Il nous fait visiter les lieux en attendant que Jean-Jacques (notre contact) et Shalvar viennent de là où ils sont. Retour à la ferme des années 1950 (dixit Jean-Jacques), poulaillers, vaches, cochons à 5 mètres de la maison, toilettes à l’extérieur, douche de fortune.

Ici, l’agriculture intensive, connaît pas, et ce n’est que mieux.

Jean-Jacques et Shalvar arrive, on passe à table. Soupe de légumes, betteraves, fromage de vache, épinards frais, pain pas acheté à la boulangerie du coin, bref que des produits frais, naturels, qui venaient d’être cueillis et cuisinés. Un régal après toutes les merdes bien emballées que l’on ingurgite au quotidien. On discute avec Jean-Jacques et on lui demande qu’est ce qu’il fout là, ce breton exilé depuis 2 ans. En fait, il nous explique qu’il a crée une association avec Nonar (le patriache de la maison) pour promouvoir le vin et les légumes qu’ils commencent à produire à travers le processus de la Bio dynamie. Il faut préciser ici qu’en Géorgie, du moins dans cette région de la Kharétie, les fermes  produisent des légumes, fromages, vin, cochon par autosuffisance, la vente est infime. L’autosuffisance peut être une des conséquences actuelles des kolkhozes durant la période soviétique. En effet, les paysans ont été expropriés de leurs terres, qui sont devenues des terres d’Etat au nom de l’intérêt collectif. De ce fait, les paysans ne produisaient que très peu.
A l’heure actuelle, les paysans n’ont aucun pesetas pour remplacer les vieilles machines sovièt’ qu’il faut tous les jours réparer.

Ma plume fatigue, j’arrête la pour ce soir.

 Voila, 3 semaines qui je n’ai pas repris la plume, pour terminer de conter mon périple en Géorgie. Je suis déçue, à présent je ne peux vous raconter la suite aussi détaillée que précédemment. En effet, depuis que je suis rentrée à Baku d’autres sentiments, émotions m’ont traversé et si je me replonge dans mon souvenirs certains sont flous ou peuvent être enjolivés, démesurés... Dans ce cas à quoi ça sert de continuer si c’est pour transformer la réalité.

Ainsi, je vais me servir de mes supports photographiques qui malgré tout, témoignent de ce qu’on a pu vivre lors de ce périple. Boulot, Bouffe, Vin, Dodo et chaleur humaine 

Après le repas d’un midi, Jean-Jacques nous a déposés devant l’édifice religieux de Sainte NINO, très célèbre ici puisque c’est elle qui a évangélisé la Géorgie à la religion chrétienne orthodoxe. En contre bas, se trouve une source miraculeuse que l’on peut comparer à celle de Lourdes. Ils ont aménagé un espace fermé où il est possible de faire trempette. On s’est donc baigné dans cette eau considéré comme sacrée. Pour ma part, cette incursion dans l’eau bénite m’a permis également de me laver un minimum car après 2 ou 3 jours à l’état pur, ça commence à fouetter un peu !




























De gauche à droite : Vasco (géorgien), Stessie, Sergio, Dan (le belge), Shalvar (demi géorgien demi français).

 

 Après une dure journée de labeur, rien de tel que d’aller acheter du chocolat au supermarché du coin pour accompagner les futures crêpes bretonnes.

Dernier soir à MAROLO, préparation, dégustation des crêpes bretonne, parisienne, lilloise (Stessie vient de Lille), espagnole, géorgienne, plus spécialités culinaires, boissonnaires (!?), musicale géorgienne, voilà ce que ça donne…….On a fini tous rôti !!! (comme tous les soirs durant ce séjour)



Allez HOP, le tournee de la crêpe! Pas mal du tout Clara!

 

 


 

Nonar nous pousse la chansonnete avec son accordeon. Excelllent musicien


"Allez Stessie, cul sec!!"




























Y a de l'ambiance a MAROLO!!

 

 J dernier jour, les festivités sont finies, on fait nos pseudo-bagages direction Tbilisi, Jean-Jacques nous y emmène, environ 1h30 de route. Sur le trajet on s’arrête acheter du fromage et du pain qui vient juste d’être enlever de ce puits de feu, processus en 4 images :

 

 



 



 




























Le pain est délicieux, encore tiède, pas besoin de mentir en disant que ça c’est de la baguette artisanale ! Petite pensée au grand père, « meunier, tu dors .. »

 Fini l'aventure , on repart  avec le train qui fait toujours TCHOU TCHOU!!!

 




























Au final cette aventure a l’étranger est tombée à pique, je commençais à être essoufflée de Baku, c’est pourquoi la Géorgie pour moi a été un grand bol d’oxygène. De plus, ça été un régal de passer du temps avec les aventurier(e)s bakusien(ne)s et géorgien(ne)s Partout où on est passé les gens étaient accueillants, souriants et me faisait dire que les azéris étaient moins open et plus froids. Par rapport à ce sentiment je ne sais s’il est véritablement objectif puisque lorsqu’on découvre un territoire, pays inconnus, au départ tout est beau, magnifique, sympathique… Cependant, pour expliquer la chaleur des géorgien(ne)s par rapport aux azéri(e)s je pense sans trop me tromper que l’un des facteurs prépondérants est la culture attachée au vin, et donc, à l’inhibition crée par ce dernier et la tradition, ce qui n’est pas le cas en Azerbaïdjan. Azerbaidjan, pays musulman, où dans le Coran l’alcool est prohibé mais lorsque l’on regarde de plus près dans la pratique les hommes azéris boivent mais en moins grande quantité et ils ne l’affichent pas autant qu’en Géorgie.

 

 

Par Amazone
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Samedi 22 mars 2008

Je suis en vacances officiellement pour cette future semaine, officiellement car cette semaine je n ai pas bosse car chomage technique oblige. En effet, lundi dernier je suis arrivee dans ma salle qui me sert de classe pour mon cours et la, des gamins etaient entrain de dormir sur le sol. Ils sont venus avec leur parents pour les fetes, pour celebrer Novrus Bayram en famille et comme la famille vit deja a 5 ou 6 dans une piece, difficile de ce fait de loger tout le monde.
Donc, j ai decide jeudi de prendre un ticket de train direction la GEORGIE plus precisemment la capitale Tbilissi.Je ressens le besoin de m echapper un peu de cette ville apres bientot 4 mois passes, pour prendre un bon bol d oxygene et d etre un peu au calme. J ai une amie que j ai rencontre en formation en France et a nouveau a Baku, qui est aussi volontaire a Tbilissi, du coup elle va me loger et ca me fait egalement plaisir de la revoir. Je dois aussi rejoindre d autres francais(e)s et espagnols qui sont partis jeudi de Baku pour Tbilissi.

Normalement je rentre vendredi dans la journee et je repars le meme jour avec Asif direction Ismailly pour le week end chez sa famille. Il est originaire de cette region montagneuse qui parait, est magnifique. Je vous dirai en rentrant si ce fait est avere.  

Il est temps que je vous laisse, je pars dans 4 heures pour 12 heures de trajet dont 2h a stationner a la frontiere azerbaidjannaise et 2h a celle de Georgie pour verification des visas, papiers.
SAGOL

Par Amazone
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Samedi 22 mars 2008

Avant-hier soir, Jeudi 20 Mars, Elena, Benedikt et moi, étions invités chez Sultan (membre local de mon ONG, coéquipier de basket, crustacé de piscine, partenaire de Chicha). Conviés à la table familiale, nous avons fêté NOVRUS BAYRAM.


De gauche a droite; Elena, frere de Sultan,la madre, le padre, Sultan, Benedikt 


 




Novrus Bayram
est une fête traditionnelle nationale populaire (célébré également en Iran) datant du VIème siècle avant J.C, lors de l’ère du Zoroastrisme.

 Le ZOROASTRISME est l’une des premières religions monothéistes au monde apparue en Perse et fondée sur la dichotomie entre le bien et le mal.

Cette célébration de l’équinoxe du printemps équivaut au Nouvel An. Elle commence un mois plutôt, tous les mardis. Ainsi un mois avant le 20 Mars, tous les mardis sont consacrés aux différents éléments fondamentaux que sont l’eau, le feu, l’air et la terre. La population durant ces quatre mardis et lors du 20 et 21 Mars, font appel à deux pratiques culturelles :

 

La première : fabrication de feux

D’après la tradition, ces feux permettent de se purifier des ondes négatives et des mauvais sorts pour la future année en y sautant par-dessus. J ai saute 4 fois pour mes futures 4 annees!

On peut distinguer sur la photo un enfant du quartier sautant dans les flammes

 




Sultan, Elena, Benedikt pris en photo autour du tipi enflammé. On peut remarquer que Benedikt tient dans ses mains un bout de pelouse, en fait, ce carré d’herbe qui se nomme Simali, symbolise le printemps, les fleurs, l’herbe, la nature qui naissent et grandissent. Symbole d’un nouveau cycle qui commence marquant ainsi un renouveau.



 

La deuxième : papaqlar (bonnets)

Les enfants, les parents, les jeunes, les anciens, les hommes, les femmes peuvent déposer leurs papaqlar devant les portes des maisons, appartements, toquent à la porte et si la porte s’ouvre, des friandises, des gâteaux traditionnels, des fruits, de l’argent y sont déposés (à noter que c’est surtout les enfants qui participent avec joie et enthousiasme à cette pratique).

Le but est de partager sa nourriture, sa richesse avec autrui et de donner aux plus démunis.

 

Le 20 Mars au soir, c’est le repas traditionnel auquel nous avons été convié et engraissé ! Ma gourmandise a voulu qu’après le repas, il me fût nécessaire d’aller faire un tour du quartier, certes toujours dans l’optique de la découverte mais surtout pour marcher et digérer sous peine d’explosion ! Il y avait de quoi se régaler car voici le menu :

 

Entrée :          Dolma (riz et viandes enrobés dans des feuilles de vigne chaudes) accompagné de fromage blanc

                        Concombres, tomates saupoudrés de coriandre, persil, ciboulette

 

Boisson : Dovga (soupe froide à base de yaourt, riz, sel, herbes aromatique)

 

Plat :               Polov (riz sauté accompagné de viande mouton en sauce avec fruits secs, cacahuètes, marrons…)

 

            Boisson : vin azéri, jus, eau

 

Dessert :       Pakhlava (gâteau au miel et amandes, un délice !!! qui correspond au baklava en Algérie, Tunisie, Maroc)

                        Fruits (j’ai mangé mon premier bout de banane lors de ce repas, car le kilo de banane ici est d’environ 5 ou 6 € le kilo !)

 

Et le traditionnel THE pour aider le transit à fonctionner.

 

De ce fait, aujourd’hui je suis à la diète !

 

Cette période de l’année est attendue avec impatience par les enfants, l’atmosphère générale de la vie est plus détendue, les sourires, les rires sont de sortie car l’arrivée du printemps annonce la fin de l’hiver, qui fût difficile pour tous cette année, d’après les commentaires qu’on m’a tenus.

Concernant le repas, on a passé un bon moment, petit bémol car rien n’est parfait, nous avons eu le droit à la fin du repas d’écouter et de regarder à la télé la variété musicale azéri, un peu cucu soit dit en pensant ! De la variét’ quoi !

Cependant,  nous avons eu l’occasion de faire quelques pas de danse traditionnelle. Je devais placer ici une video mais beaucoup de problemes techniques pour  telecharger sont intervenus donc il ne me reste que ce petit commentaire pour essayer de vous montre visuellement le contenu de cette video.


Petit cours de danse par Sultan, Elena essaye avec succès d’incarner la danseuse azérie, Benedikt, assis sa chaise, bouge le torse et les mains avec grâce, le padre de la maison applaudit cette représentation locale et étrangère peu habituelle, le frangin de Sultan, sachant que je filmais n’a pas bougé d’un poil et la madre de la maison était entrain de faire la vaisselle mais elle nous a rejoins peu après pour danser sur…Julio IGLIESAS (souvenirs qu’elle avait rapporté lors de son voyage en Espagne)

 

Pour ma part, j’ai été contente de célébrer cette tradition avec une famille azérie, qui nous a accueilli chaleureusement et fait partager avec plaisir leur culture.   

 

 

Par Amazone
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Samedi 22 mars 2008
Il y a environ plus d une semaine, je suis allee voir un concert de jazz donne par une francaise avec des musicos azeris. Premier concert depuis que je suis arrivee ici, ah ca fait du bien d entendre de la musique live et beaucoup de souvenirs me sont remontes a la tete. Je pense qu une personne sera pourquoi. 
Le concert s est deroulee dans un lieu sympathique, chaleureux, intimiste. Cependant, une partie des gens dans la salle rendaient cette espace malsain. Malsain car cette soiree fut organisee par l Ambassade francaise. De ce fait le cote cucu, bourgeois, elitiste, peteux, pretentieux cher a une partie de notre population etait represente.
Pour rien vous cacher, je me suis faite gentilement jeter lorsque j ai voulu m asseoir a une table, la salle etait full, on m a bien fait comprendre que chacun doit rester dans ces rangs a travers cette delicate phrase "la table est reservee exclusivement a l Ambassade francaise". Allez Marion, rentre a ta case!
Le proverbe "un mal pour un bien" a trouve toute son essence ce soir la puisqu a defaut de place sur les tables je me suis retrouvee au premier rang avec les amis qui m accompagnaient. La configuration de la salle et de l espace nous donnaient  l impression d etre a un concert prive!
Meme si vous avez l impression que je crache un peu sur l Ambassade( ce qui n est pas faux), j ai une amie qui y bosse, au sein du secteur culture et qui essaye de faire bouger les choses et de mettre un coup de pied dans  cette fourmiliere elitiste. 
De plus, le ministre de la culture et le ministre de la jeunesse et des sports etaient presents. Facilement reperables au vu de la circonference de leur tour de taille. Eh oui, le pouvoir et la corrumption sont incarnes ici par cette caracteristique physique et elle n est pas la seule.

Voici 2 videos qui j ai prise lors de cette soiree, d une part pour vous faire partager ce moment passe et d autre part, surtout pour qu une personne, qui se reconnaitra, me donne son point de vue quant a la qualite musicale du concert ( harmonie, phrase, voix...)

 

Honte a moi j ai oublie le nom de la chanteuse et des musiciens!! Sorry, Bagislayin.



Bonne ecoute

Par Amazone
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Mercredi 12 mars 2008

Je vous remercie de vos commentaires qui me permettent d avancer dans la reflexion et action (clin d oeil a Ju et Virg, suis totalement d accord avec vous, mais parfois il est difficile d argumenter et persuader les personnes qui sont en face de vous, convaincus dur comme fer que les Droits de l Homme, ca ne sert a rien et qu en plus ce n est pas objectif car ce concept vient tout droit de l Europe et des States). Je tiens a preciser que cela n est pas le point de vue de tous les Azeris.
Contente egalement d avoir des nouvelles de la famille Raoul par l intermediaire de MamCat. Coucou a Belfast aussi! 

Voici quelques semaines que je n’ai pas écrit dans ces encarts d’expression que permettent les blogs. Malgré mon envie d’écrire je n’ai pas trouvé le temps ces dernières semaines et jours de me poser à vous. En effet, je suis dans la phase finale pour un projet et toujours dans l ecriture pour un autre. Mais ce soir, après mon énième aventure dans les transports publics, je suis parée à laisser glisser ma plume même si parfois celle-ci rate et dérape !

 

Les Transports Publics à Baku : LE BUS

 

Avant tout chose, il est nécessaire de vous dire deux mots sur les conditions environnementales (non au sens écologique du terme car il y aurait des pages à écrire dans ce cas là) dans lesquelles évolue ce transport. Le trafic routier ici peut être assimilé à un bazar dans le sens où très peu de règles existent et le peu qui existent ne sont pas forcément respectées. Ici, c’est chacun pour soi, qu’on appartienne au genre voiture, camion, citerne (eh oui, le pétrole !), bus et de temps en temps animal. Le but de la conduite ici, c’est d’aller le plus vite possible, en essayant d’être malin, en oppressant ces rivaux par des coups de klaxons permanents et par d’innombrables appels de phares.

Cette semaine, je voulais répondre à une question : combien de coups de klaxons va utiliser ce chauffeur de bus en une minute. Lorsque la trotteuse a fait le tour de l’horloge, les paramètres du trafic étaient les suivants : circulation habituelle, pas d’accident, trajet centre ville à chez moi (au fait en passant, le nom de mon quartier c’est Karl MARX :)  ), chauffeur pouvant être considéré comme normal (qu’est ce que la norme ?On est bien d’accord.)

La réponse est, accrochez-vous bien, qu’en 60 secondes, le klaxon a été actionné 35 fois !

Ce résultat vous pouvez le transposer sur tous les chauffeurs de bus de 6h du mat’ à 23h, 0h (eh oui, ici, la semaine a 35h, ils savent pas ce que c’est)

Inutile de dire que d’essayer d’être en pôle position pendant environ 18h par jour a des répercutions néfastes sur la santé physique (exemple genoux, position assise…), psychologique (stress, inattention, colère…) de ses AS du volant (périphrase à nuancer !). Je me permets de décrire cela car j’utilise au minimum deux fois par jour le bus et à chaque nouvelle montée dans cet engin, un évènement, une situation, drôle, triste, cocasse, inimaginable se produisent.

 

De plus, avant-hier matin, comme chaque matin, je traversais une route à deux pas de mon appart’ pour prendre le bus. Cette route est comme qui dirait très fréquentée, surtout aux heures de pointe même si très souvent j’ai l’impression qui c’est l’heure de pointe toute la journée, c’est dire le trafic ! C’est pourquoi, presque chaque matin, je me demande quand arrivera le jour où un débile de la voiture va me shooter !

Je prends donc le bus numéro 123 direction ELMER AKEDEMIYASI pour aller bosser. Certes, quand celui-ci n’est pas déjà bondé ou quand le chauffeur daigne s’arrêter (ça m’est arrivée quatre fois que 3 chauffeurs de suite ne me prennent pas même si le bus n’était pas plein ! Quel en est le motif ? Discrimination de genre ou parce qu exogène de ce pays, je ne serais dire). Petite parenthèse, le verbe BONDER ici utilisé n’est pas un euphémisme, bien au contraire. Les gens rentrent dans le bus même si les corps se percutent, se bousculent, se frôlent, se touchent, la bouche du voisin se trouve à environ quelques millimètres de la nôtre. Cette situation n’empêche le chauffeur de fermer les portent alors que le corps de l’un des futurs usagers est à moitié dehors !

 

D’autre part, ce soir je rentrais chez moi du centre ville. Une vieille dame est montée dans le bus avec ses cagots et son barda. Je suis incapable de dire quelque âge elle pouvait avoir, peut être 75 ans mais elle en paraissait 90, d’après les traits de son visage. Il est difficile de donner un âge aux personnes considérées comme âgées dans les pays où la médecine n’est pas accessible à tous, où pour une grande partie de la population la retraite permet juste de se nourrir, où il faut donc continuer à travailler, et à exercer des boulots qui ne sont pas toujours faciles et qui plus est physiques (tels que femmes de ménage, ramasseuses de poubelles, vendeuses sur les marchés et bazars, vendeuse en sillonnant les rues avec un baluchon d’herbes, de légumes…).

Donc cette femme s’est assise dans ce bus soviét’ (cf photo) entourée de tout son bordel. Elle parlait à voix haute, ses mains gesticulaient, elle avait une sacré énergie ! Elle portait trois ou quatre couches de vêtements rapiécés, son foulard cadrait son visage ridé par le temps, sans dents et cachait une partie de ses cheveux. Je trouvais la situation agréable et inhabituelle. Agréable car un homme d’environ une soixantaine d’année était assis en face d’elle, il commença à sourire, ensuite à lui parler. Malgré mon inaptitude à comprendre le Russe (ils parlaient en russe, environ plus de 95% de la population azérie parle le Russe, l’une des nombreuses traces qu’a laissé l’URSS durant son invasion et après son explosion), je voyais que cette femme répondait à cette homme. Elle avait entre les mains une sorte d’élixir, je pense qu’elle lui en expliquait les biens faits. C’est l’une des premières fois qui j’ai vu deux êtres qui, à première vue ne se connaissaient pas, que l’un était un homme et l’autre une femme, qui souriaient et transmettaient leur sourire aux gens assis ou debout à côté d’eux.

Les gens ici dans les transports publics ont certaines attitudes similaires à la France. A savoir, froid, distant, et si tu trouves le moyen de sourire, ils ont l’impression qui tu les agresses.

 

Cette situation qui met un peu de baume au cœur se troque facilement pour une situation pus dramatique. C’était hier après-midi, je venais de sortir de la piscine après plus d’une heure à patauger dans l’eau. J’étais tranquillement entrain de marcher en prenant le soleil, les cheveux au vent, quand brusquement j’entendis un bruit sourd de tôle qui se froisse. Je me retournai et là, mes yeux sortirent de leurs orbites, ma bouche forma en une fraction de seconde un o. A environ trois mètres de moi, un bus venait de monter sur le capot d’un taxi ! Tout naturellement il a fait marche arrière, prêt à repartir. Mais le chauffeur de taxi n’était pas du même avis et à partir de là, ça a commencé à gueuler et biensûr, à klaxonner car cet incident s’est produit en plein milieu de la route. Mon bus arrivait, donc je suis partie, pour vous rassurez tous étaient sains et saufs (chauffeurs, usagers, piétons…)

 

Pour continuer sur la lancée, du tout et n’importe quoi du transport qu’est le bus, il y a environ deux semaines de ça, une femme sous mes yeux a failli se faire broyer le corps entre un bus (of course) et…une voiture de police !

Que s’est-il passé?

Le bus s’est arrêté à hauteur de la voiture de police pour que la populas descende. Au même moment, une femme d’environ 25 ans, passe entre les deux véhicules pour monter dans cet engin qui devait l’amener là où elle devait aller. Mais, le chauffeur du bus ne l’a pas vue. Il a commencé à redémarrer en serrant du côté de la voiture de police. Eh là, voilà notre chère Demoiselle ou Madame (beaucoup de femmes sont mariées à cet âge là) prise en sandwich ! Elle a poussé un cri, relayé par le son du haut parleur du policier assis dans la voiture. Toutes les voitures de police sont équipées de hauts parleurs sur le toit de leur véhicule. Ainsi, parfois, alors que vous êtes tranquillement entrain de marcher, à prendre l’air frais et pollué de Baku (Baku, première ville polluée au monde, cf Courrier International, petite pensée à toi Charlotte, je pense que du coup tu ne viendras pas me faire un petit coucou ici !) vous marchez et vous entendez les aboiements d’un homme à la voix grave. Suis déçue car je n’arrive pas encore à comprendre ce qu’ils disent. En l’occurrence dans notre cas ci-dessus, je pense sans me tromper, que le policier a dû beugler au chauffeur que c’était un imbécile, au vue des expressions de visage des gens au alentour.

Au final, la nana s’en est sortie saine et sauve, du moins, durant les 10 min après l’incident !

Cependant, tous ces événements frôlant à chaque fois la catastrophe ne me surprennent pas. Au contraire, je ne comprends pas comment se fait-il que cela n’arrive pas plus souvent et avec un fin beaucoup plus tragique. Même si on m’a appris cette semaine qu’une femme était morte shootée par un bus, là où je prends habituellement le métro.

LE METRO, c’est aussi quelque chose ! Mais cela sera pour plus tard, chaque chose en son temps.

Le comportement souvent dangereux des chauffeurs de bus peuvent être légitimé par le fait qu’ils bossent pendant des heures, qu’ils sont perpétuellement soumis à la pression du traffic, qu’ils doivent être systématiquement prêt à éviter l’engin x, y qui arrive à fond les ballons ou qui dépasse n’importe comment, afin d’éviter l’accident. Accident qui les pénalisera car ils n’auront pas fait le tour initialement prévu, en temps et en heure. En effet, la procédure de contrôle « du travail effectué » prend la forme suivante : Station de départ : un mec note sur son bout de carton de fortune à quelle heure le bus est parti. Sur le chemin que le chauffeur doit effectuer, à des arrêts stratégiques, des mecs le pointent pour marquer son passage. Ces mecs lui disent s’il est dans les temps ou gueulent (pas tous) parce qu’il est à la bourre, puis, retour à la station temps 0.

N’est-ce pas une pratique descendante de l’époque Fordiste ? Avec l’OST (Organisation Scientifique du Travail), chronométrage des tâches, les prémices du capitalisme dans le trafic Bakusien ?!

En définitive, si les mecs avec leurs véhicules, qui ressemblent parfois à une carcasse, ne deviennent pas barrés avant la fin de leur vie, je comprends pas !

Bref, que d’émotions et d’aventure chaque jour, ce qui l une des choses qui pétille ma vie à Baku!

Même si j’ai encore sous oreiller une bonne dizaine d’anecdote concernant THE MADNESS OF BUS, j’m’en vais, comme dirait une de mes grand-mères, mettre la viande dans le sac !

TUTUTUTUTTUTUTUTUT’……

Voici un bus typiquement Soviet malgre la marque allemande

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Le bus bleu qui vous pouvez voir sur votre droite, est le bus nouvelle generation, qui commence deja a etre rafistole par des fils de fer, a crache un nuage noir a chaque appui sur la pedale de l accelerateur. Ceux-ci est comprehensible au vu de l etat des routes, qui veut un tour de trampoline a seulement 20 qepic le tour? On peut quand meme leur attribuer le fait qu ils sont moins tape cul que les bus soviet!

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Par Amazone
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