Salam adamlar,
A demi allongée, je retrousse mes manches pour pianoter un peu. En effet, cela fait environ deux mois que mes mains
n’ont pas dansé sur mon clavier pour vous faire part de l’évolution des choses sur le territoire caucasien. Il est tant car dans une semaine exactement, cette terre qui m’a accueilli pendant 10
mois, va me voir partir. Je la laisse ainsi derrière moi mais présente jusqu’à mon dernier soufle dans un coin de ma tête et de mon cœur (c’est un peu cucu je vous l’accorde mais
réaliste !).
La partie supérieure du sablier n’a plus que quelques grains de sable à écouler.
Cependant, ces quelques grains sont précieux puisque demain ils mesureront le temps passé en terre Iranienne jusqu’à mon
départ définitif de l’Azerbaijan. Je pars avec un pote Iranien voir sa famille et visiter le plus possible ce territoire qui défraye souvent la chronique dans les pays de l’Occident (et pas qu’à
juste titre). Le périple sera court du fait d’une attente longue pour l’obtention de mon visa, mais cela est déjà mieux que rien « l’Iran connaît l’un des plus performant service secret du
globe afin notamment de contrôler au mieux sa population et ses actions » dixit my friend). Cela fait plus de 2 ans que mon ami iranien n’a pas posé les pieds sur son sol natal et ça le
tracasse de passer la frontière, d’après lui, pour lui (et peut-être pour moi aussi) un petit interrogatoire nous attend.
Vous comprendrez donc que je suis en vacances. J’ai fini le week-end dernier tous mes projets en cours (EVS, Move your
time and human rights). Je n’ai plus qu’à faire un rapport et le taff ici est terminé. Ca fait bizarre de ne plus être au taquet, à courir un peu dans tous les sens, à entendre les gamins
« Mary, Mary !! », à faire les comptes, avoir un week-end. Par exemple, ce week-end est le premier depuis environ deux mois où je ne travaille pas. De ce fait, j’ai perdu un peu
mes repères concernant la gestion de mes temps libres, mais je ne vais pas m’en plaindre ! Je commence à préparer mes affaires pour partir…c’est aussi étrange, irréaliste…qu’emporter d’ici
pour ne pas oublier ? Simplement ma tête je crois…à moins que le matériel peut la remplacer et là, j’suis mal barrée. Et oui, rappelez-vous dans l’un de mes premiers articles je vous avais
expliqué qu’à l’aéroport à Bruxelles lors de ma venue ici, j’ai eu une douloureuse de plus de 300€ pour excès de bagages ! A cause du poids de mes livres, je vois venir les clichés!!!! Garde
de robes, cosmétiques…blablabla….à les stigmates concernant la femme, toujours les mêmes !
Le matériel étant trop lourd, mon cerveau - si petit soit-il - sera ma cave à souvenirs, renfermant mes expériences, mes
émotions, mes sentiments…azéris.
Avant que ce processus ne se mette en marche, il me paraît opportun de vous faire part, par écrit et en image, des
périples, des actions qui se sont produits durant ces deux mois, lorsque ma plume n’avait plus d’encre.
Alors, hop, c’est parti, on y va, direction Samaxi pour le Summer school !
D’abord on se présente à vous, 1, 2, 3……………PENDIR (fromage)
Petite photo prise, après un périple dans les montagnes (sur la photo on les voit pas car elles se situaient derrière la
photographe) et une p’tite promenade autour d’un lac. Lac, où, hélas il était impossible de se baigner pour cause : trop de poubelles et d’animaux morts aux abords !! Dommage, un p’tit
bain n’aurait pas été de refus après une bonne transpiration montagnarde !
Au fait, avez-vous remarqué au sein des gamins, le nombre de filles et de garçons présents sur la photo ? No, so
come back above. Eh oui, voici une des réalités azéries.
P’tite matinée relax avec des activités manuelles notamment à travers l’origami.
Qui veut de l’aubergine ? el’bonne, el’bonne, l’aubergine ? Qui veut d’l’aubergine ?
N’aille pas peur,
approchez-vous !
Je me suis retrouvée à donner un coup de main à la cuisine lorsque je n’étais pas occupée avec l’équipe d’animation et les gamins.
Dans l’ensemble, le camp s’est très bien passé. Les gamins très motivés, avec le smile pendant 10 jours, pas chiant, ils
se sont accommodés de tout contrairement à certains membres de l’équipe d’animation qui se plaignaient de la bouffe, des conditions de logement…Ok, on n’avait pas l’eau courante (juste un
réservoir), quand tu allais aux toilettes tu savais en rentrant ce qu’avait fait le dernier passant, les locaux un peu défoncés…et contrairement à ce qui l’on peut penser c’était pas les
européens qui s’en plaignaient! (pour une fois, car certains expat’ ici, bonjour l’adaptation !)
Pour ma part, j’ai passé 10 jours à bosser, à finir un peu sur les rotules à la fin, mais avec plaisir et en partageant
des moments de la vie quotidienne avec ces gamins qui n’avaient jamais eu l’occas’ de partir avec les potes « en colo ». De plus, deux jours après la fin du camp, les parents ont
téléphoné pour nous remercier et nous dire que pendant plus de 24h leur gamin ne parlait que du camp à Samaxi, que c’était ELA, BOMBA…Aspect positif, car quand on connaît l’engagement habituel
des parents, à savoir, nothing, ça fait du bien ces p’tits retours.
Après ce camp, je me suis pris 3 jours pour aller visiter la région dont est originaire, Ramzia, ma traductrice. De tous
les paysages, villages qui j’ai visité en Azerbaijan, c’est cette région, Sheki, la plus magnifique. En effet, les paysages sont si divers que tu passes des montagnes formant un canyon
(environnement sec) à des montagnes vertes composées de pin, de sapin…en l’espace de 5 km. De plus, la ville de Sheki est d’une richesse architecturale, historique et
culturelle.
Voici Sheki, le Xan Sarayi « le palace du roi ». Cette forteresse, datant du 18ème siècle,a été construite par un rebelle à l’empire perse, XAN HACI
CHALABI.
Vitraux (appelé shebeke) sont fabriqués sans un seul clou. Prenez un loupe, parcourez la photo, vous n’en trouverez pas.
Cette pièce était la salle de réception, où le roi accueillait des poètes qui discutaient, inspirait, humait la poésie
La visite du Xan Sarayi terminée, direction le musée local de l’histoire. P’tite pose entre les tapis qui ornaient à
l’époque et à l’heure actuelle, aussi bien les murs que le sol.
Cetableau est une peinture représentant au centre un écrivain azéri du 20ème siècle Cefer Cabbarli. Il était un fervent anti-communiste et un fier patriote azéri. On peut ainsi
distinguer sur le tableau les symboles de l’union soviétique en haut à gauche et sur tout le reste de la toile certains traits de la culture, de l’art, azéris (musique au sein des hommes et des
femmes). Ce poète est mort en 1937, en Sibérie, à la période des goulags, lors de l’extermination de l’intelligentsia.
Alasuite de cet enrichissement culturel à Sheki, je suis partie à Mingachevir avec Elena (volunteer) pour fêter l’anniversaire surprise de Benedikt (volunteer). Au programme, fiesta sur le bord
d’un lac, avec un vent à décoiffer les chauves, dur, dur pour le barbecue de prévu !!Tant pis on s’est rabattu sur les chips ! Et puis, on avait de quoi se
réchauffer !
Lebold’oxygène de pris, aller au boulot, c’est reparti ! Vous constatez peut être que le travail qui suis, est assez plaisant et fait de rebondissement. Si, si vous allez voir.
Dans le cadre de mon
projet financé par TOTAL, je vous rappelle que je mets en place des activités culturelles, sociales et de consommation (eh ouiiii, PIS DIR !!) afin de sortir les gamins de leur quartier et
leur donner la possibilité de connaître, découvrir autre chose. Voici les trois dernières sorties marquant ainsi la fin de ce projet :
Première sortie : park Koala avec les plus jeunes de la communauté de réfugiés. Au programme, petit huit, petit
train, petits manèges, attachez vos ceintures c’est parti, sensations garanties !
Lors de cette journée, il est arrivé un truc incroyable. Non, je vous rassure, un boulon ne s’est pas dévissé provoquant un super tour à sensation de peur.
On arrive tous ensemble (gamins et encadrants) à l’entrée du parc d’attraction, je commence à négocier avec le manager
du parc. Et là, un homme, la trentaine avec sa jolie femme et son enfant, commence à me poser des questions sur qui je suis et qui sont ces gamins. Je suis un peu surprise mais je décide de lui
répondre. Je lui explique donc que nous sommes des volontaires faisant partis d’une ONG locale et que l’on mène des actions avec des enfants originaires du Nogorno-Karagah. A la suite de ces
quelques informations, il me demande, combien je veux pour aider les gamins.
A cet instant, je suis en face de lui avec le boss du parc et je tombe littéralement sur le….cul ! Avec ma réaction
étonnée, je lui dis qu’il m’est impossible de recevoir de l’argent de cette manière car c’est un projet avec un budget déterminé, que je dois justifier de toutes les sommes que je
dépense…blablabla…bref, j’avais pas envie de prendre la voie azérie !
Du coup, le manager, comprenant pourquoi j’avais refusé, nous trouvent un compromis. A savoir que le bon samaritain peut
nous payer un petit truc au resto du parc. Eh, business is business ! Mon donateur hoche de la tête et je l’imite à mon tour, le deal est correct.
Je les laisse en plein biz et je pars avec mes gamins à la quête de sensation. Puis soudain, entre deux palpitations, le
bon samaritain s’approche vers moi et me dis dans un anglais très correct avec le p’tit accent azéri : « You can go to the restaurant with children when you want. You have 80 manats on
this card. ». Mon visage est figé, mais yeux grand ouvert, dans ma tête ça résonne 80 manats (l’équivalent de 70€), mes fesses sont de nouveau à terre. Je le remercie (quand même) mais en
lui expliquant que c’est beaucoup d’argent et il me répond : « No problem, it’s nothing. » ah oui, sûrement que pour toi c’est rien ! Mais pour moi ça représente environ la
moitié du salaire que je perçois tous les mois et pour les parents de ces gamins cela équivaut à environ un salaire dans la famille. T I A :
This Is Azerbaijan. 1 pays, 2 monde.
Vous avez l’impression que je devrais pas me plaindre mais plutôt être ravie qu’un mec sortit de nulle part donne la
possibilité à ces gamins de manger tous ensemble dans un endroit qui leur inaccessible habituellement, et cela, en ne demandant rien en échange. Peut être n’avez-vous pas tord, mais je vais vous
expliquer ma position. Quand le mec m’a demandé combien tu veux, je lui ai répondu, c’est pas possible car cela ne rentre pas dans le budget…mais j’ai ajouté : « si vous voulez faire
quelque chose, venez là où ils habitent, discutez avec eux de temps en temps et vous verrez ce que vous pouvez faire ». Cette proposition n’a pas fait écho dans sa tête. Normal, puisque ici
c’est la charité et la bonne conscience qui dominent et pas forcément la notion développement des conditions. Je donne de l’argent, de la nourriture, des vêtements pour les pauvres ainsi j’ai
fait une bonne action. Ok, c’est déjà mieux que rien. Mais, là où ça me chiffonne un peu c’est pour le fait qu’il n’y a pas la notion d’engagement pour transformer, résoudre les problématiques
liés aux les conditions de vie de ces enfants de réfugiés en prenant en compte la notion de développement (à savoir qu’est ce qu’on fait ensemble pour changer, transformer une
situation).
Si je peux parler de façon macro sociétal, la charité présente ici est pour moi l’une des nombreuses raisons qui fait
que ces réfugiés restent toujours au bas de l’échelle économique et donc sociale. La charité entretient alors la pauvreté. Il n’y a pas dans cette notion la volonté de développer, transformer une
situation. Par exemple, je pense que ce samaritain aurait eu plus d’impact sur ces enfants en allant les voir, discuter avec eux, construire quelque chose ensemble, utiliser son argent pour
acheter de la peinture, des outils par exemple…pour remettre un peu en état ensemble les immeuble où ils habitent…
Cependant, il me paraît correct de nuancer un peu en vous informant que certains acteurs sociaux, économiques et
gouvernementaux marchent à petit pas sur cette route du développement des conditions sociales (mais trop peu à mon goût !).
Deuxième sortie : Strike, Spare…BOWLING
P’tite promenade sur le boulevard, comme on dit ici, après avoir visité le musée du tapis. Au niveau international,
l’Azerbaijan est réputé d’une part pour son caviar et pour sa fabrication de tapis (hélas c’est deux produits far n’entrent pas dans ma budget souvenirs !)
Ceprojet Move your time is actually over.
Cependant le travail n’est pas fini. En effet, le projet subventionné par l’Ambassade Royale de Norvège continue, et vous allez voir y a d’l’action !!
Après avoir parler du volontariat, du fait de s’engager dans quelque chose de façon collective pour transformer une
situation, rien de mieux que de mettre les discours dans la réalité.
Le step suivant du projet concerne
alors l’écologie, l’environnement. Il paraît opportun de rappeler que Baku est considérée comme la ville la plus polluée du monde (cf Courrier
International, Février 2008). Il n’est pas rare de voir quotidiennement, les chauffeurs de bus balancer leur bouteille de soda en pleine milieu de la route, les cigarettes et leurs
emballages décorés le bitume, les gens étendre dans la rue leur carte de recharge de téléphone, les sacs plastiques volés au souffle du vent, les poubelles pleines à dégueuler et présentes
n’importe où, n’importe quand…
Ainsi, mes p’tit loustics sont les premiers à jeter leur papier par terre dans l’espace où ils habitent. En voyant
l’état environnemental de leur quartier, on comprend qu’ils ne font que reproduire les comportements, attitudes de leurs parents et de la société. Le papier passant dans la main puis direct sur
le sol est un réflexe conditionné d’où la grande difficulté à changer ce processus de direction à savoir, A LA POUBELLE !
Afin de déconditionner ce
conditionnement acquis (merci PAVLOV), première étape, la connaissance. Ainsi rien de mieux que de faire un p’tit cours sur :
« Qu’est ce que c’est la
pollution ? »
« Quelles sont les solutions pour la combattre
? »
« Qu’est ce que l’écologie ? »
Cedéconditionnement cérébral atteint, étape suivante : conditionnement musculaire au nettoyage. Cette action a pour but, comme il a été dit précédemment, de montrer qu’il est possible
de faire quelque chose ensemble, de façon collective, pour transformer, solutionner un problème.
Création également d’une
campagne de sensibilisation à travers des affiches crées par les gamins à destination de leur parent, famille, amis. Petite anecdote, le lendemain du collage des affiches dans les immeubles, le
programme était de nettoyer, ramasser les ordures et deviner ce qu’on a trouvé pour terre….aller un petit effort….eh oui, les affiches déchirées !! Au moins la comm’ ici n’envahit pas le
cerveau des gens.
Tous à vos pelles, à vos râteaux, à vos brouettes, à vos p’tites mains, à vos muscles !
Le nettoyage d’automne vient de sonner !
ON RATISSE
ONCHARGE
ON N’EN A DEJA MARRE, qu’est ce qu’on peut y faire ? La flemme !
TOUT LE MONDE EST DE LA PARTIE, POUR DECONNER ET RATISSER
Direction LA POUBELLE !!!
LaSuite.........
je vois que tu fais plusieurs fois références à l'Algérie dans ton blog, notamment en comparaison avec certails détails de ta vie en Azerbaidjan.
Pourrais-je savoir combien de temps es tu restée en Algérie et à quand remonte ton dernier voyage là bas?
Cordialement
Le félin.
Pour repondre a ta question, je suis allee 2 fois en Algerie
-1 mois et demi; Aout mi septembre 2007
-1 mois; Decembre 2007
-normalement de nouveau en novembre prochain INCH'ALLAH
Tunisie; 2 semaines juin 2008
Es tu d'accord ou non sur les comparaisons que j ai pu faire entre l Algerie et l Azerbaidjan?